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La Fanny
La “fanny”, une tradition
totalement liée aux jeux de boules, même si par
extension, cette expression est utilisée dans
d’autres jeux pour signifier une défaite absolue !
Bien qu’évoquant la Provence
et l’univers de Marcel Pagnol, ses origines remontent
plus loin... Partout, sur tous les terrains de boules, les
joueurs ont le même petit sourire entendu quand on les
interroge sur la Fanny. Pourtant aucune femme n’est
jalouse d’elle ! Même quand son propre époux
rend honneur à Fanny en appliquant un baiser sur ses
fesses rebondies... Mon pauvre monsieur, embrasser Fanny,
c’est l’image effrayante de la défaite, la
preuve horrible qu’on a été battu. Et pas
seulement battu, mais vaincu lamentablement,
l’humiliation totale : perdre par 13 à 0 ! le
malheureux qui a essuyé ce désastre est tenu de
se mettre à genoux, en présence de tous les
joueurs rigolards et du public qui se régale de le voir,
comme s’il allait à confesse, s’approcher de
l’autel où il doit baiser les fesses de Fanny.
Avant ce spectacle de choix, on fait souvent sonner une cloche
afin que nul n’ignore que quelqu’un vient de perdre
par 13 à 0.
La tradition
Prude, cachée derrière un
panneau de bois ou un rideau, elle présente de
façon provocante son postérieur voluptueux.
Fabriquée avec ferveur, ainsi qu’une vraie
relique, véritable “ex-voto” des adorateurs de la boule sacrée,
la petite armoire avec sa Fanny ornait naguère tous les
cafés où les joueurs s’affrontaient.
A l’heure actuelle, on la trouve
plutôt chez les antiquaires et les brocanteurs, parfois
avec chance au détour d’un vide grenier de
village. Les clubs par contre la conservent jalousement et elle
fait partie de leur patrimoine.
Certains fabricants, comme La Boule Bleue de
Marseille ont une Fanny en argile décorée
à leur catalogue d’accessoires.
Elle a vraiment existé
Certains pensent que son origine est
savoyarde, mais on peut témoigner dès 1870 de
l’existence d’une vraie Fanny à Lyon. Dans
le quartier de la Croix Rousse, les joueurs se rencontraient
sur le terrain du “Clos Jouve”. Dans ce quartier
habitait une jeune fille de 20 ans qui faisait le
désespoir de ses parents, on la retrouvait souvent sur
le terrain du Clos Jouve où elle admirait les joueurs.
Voilà notre Fanny ! En cadeau de consolation, elle
dévoilait ses charmes au joueur malheureux qui
n’avait marqué aucun point : elle
l’entraînait à l’écart et hop!
elle relevait ses jupes et montrait ses fesses au vaincu.
Nous n’en étions pas encore à les baiser.
La pauvre Fanny n’eut pas une
destinée heureuse, elle fut prise pour folle, on manqua
l’enfermer dans un asile mais la justice fut magnanime
car elle considéra qu’elle égayait
finalement le jeu. Elle finit par vivre avec un ivrogne, tomba
enceinte, fut séparée de son enfant, fut
internée dans un asilke pour indigents où elle
mourut quelques temps plus tard. mais son souvenir nostalgique
est resté bien vivant, les habitués du Clos Jouve
la firent passer à la postérité.
Un rituel universel
Les joueurs d’autres régions
qui fréquentaient le Clos Jouve importèrent le
rituel de la Fanny dans leur pays d’origine, c’est
ainsi qu’en quelques décennies il devint
universel. Ce fut un usage répandu de réaliser
des icones qui pouvaient être réellement
embrassées pour le plus grand plaisir (ou la honte) des
joueurs. Dès le début du XXe siècle, les
Fannys étaient tellement demandées que des
industriels se spécialisèrent dans leur
fabrication. Elles furent accompagnées de
l’inévitable clochette et d’un petit tapis
destiné à épargner les genoux des
malheureux perdants, formant des ensembles charmants et
désuets.
Dans de nombreux clubs, le rituel prit
tant de sérieux que les perdants par fanny
étaient consignés dans des registres et
qu’on organisait des banquets annuels où les
joueurs malheureux recevaient leur diplome de Fanny!
Les images des Fanny firent florès
sur les cartes postales, les calendriers, les marqueurs
de points bien sûr,
etc...
C’était aussi une
façon amusante et libre de contourner la morale
bourgeoise chrétienne qui jetait l’opprobre sur
ces images dénudées...
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Association
Musée de la Boule
Maison de la Pétanque
Z.I. La Valentine
Montée de St Menet
13011 MARSEILLE
Tel: 04 91 43 27 20
info@laboulebleue.fr
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